Ce jour-là, j'aurais voulu disparaître.
Je m'appelle Éric. C'était un vendredi soir à Orly. Vol 19h45 pour Barcelone — vacances en famille, première depuis deux ans. Mes deux fils étaient là, sacs sur le dos, excités.
Au moment de passer, l'hôtesse m'arrête. Elle prend mon sac, le pose dans le gabarit. Il dépasse de deux centimètres. Elle me regarde. « Monsieur, ce sac ne peut pas partir en cabine. » J'essaie de le comprimer, de le pousser, de faire rentrer. Rien. Les gens derrière moi commencent à souffler. Mes fils me regardent sans comprendre.
65€. Carte bleue. Sans un mot.
Dans l'avion, j'ai regardé par le hublot et je me suis dit qu'il devait exister un sac qui règle ce problème une bonne fois pour toutes. Qui rentre partout. Qui fait gagner de l'argent sur chaque vol. Qui évite d'emporter la moitié de ce dont on a besoin parce qu'on manque de place. Qui fait que ce genre de scène n'arrive plus jamais.
Ce sac n'existait pas. Alors je l'ai créé.






